Douleur à la joue, sensation de pression sous l’œil, gêne qui irradie vers les dents du haut… et si ce n’était pas “juste” une carie, mais une sinusite dentaire ? Cette affection, fréquente mais mal connue, peut mimer une douleur de molaire et retarder les soins adaptés. Voici un guide clair pour reconnaître les signes, comprendre les causes et choisir les bons traitements, dès les premiers symptômes.
💡 À retenir
- Environ 50% des sinusites sont d’origine dentaire selon certaines études.
- Les douleurs dentaires liées à la sinusite peuvent être confondues avec d’autres problèmes dentaires.
- L’importance de consulter un professionnel de santé pour un diagnostic précis.
Qu’est-ce que la sinusite dentaire ?
La sinusite dentaire est une inflammation du sinus maxillaire provoquée par un problème dentaire situé sur une dent du haut, souvent une prémolaire ou une molaire. Les racines de ces dents sont très proches du plancher du sinus, ce qui favorise la propagation d’une infection de la dent vers la muqueuse sinusienne.
Dans de nombreux cas, l’origine est une carie profonde ou une infection de l’extrémité de la racine. Des causes iatrogènes existent aussi : traitement de racine incomplet, matériau endodontique dépassant dans le sinus, implant dentaire, extraction compliquée créant une communication oro-antrale. Le résultat est une muqueuse enflammée, épaissie, qui draine mal et entretient la douleur et la congestion.
Définition et mécanisme
On parle de sinusite dentaire lorsque l’imagerie et l’examen dentaire relient clairement l’inflammation du sinus à une lésion odontogène. Le mécanisme est souvent ascendant : une infection péri-apicale traverse l’os, atteint la membrane du sinus et déclenche une réponse inflammatoire. Cette inflammation peut devenir bactérienne, souvent avec des germes anaérobies. Sans prise en charge de la dent source, la sinusite persiste, même si les symptômes nasaux s’atténuent.
Beaucoup de personnes cherchent “sinusite dentaire symptome” en ligne, car la douleur commence comme une gêne dentaire floue avant de se manifester côté nez ou joue. Cette double localisation rend le diagnostic parfois piégeux sans examen clinique.
Les symptômes de la sinusite dentaire
Le signe typique est une douleur unilatérale, localisée à la joue ou aux dents du haut du même côté. Elle peut s’aggraver en se penchant vers l’avant, à la mastication, ou lors de la percussion légère des molaires. Une sensation de pesanteur sous l’œil, une obstruction nasale et un écoulement épais coloré sont fréquents.
La douleur peut être diffuse, migrer entre plusieurs dents supérieures et s’accompagner d’une mauvaise odeur nasale ou buccale. Ce tableau de sinusite dentaire symptome peut être confondu avec une pulpite ou une fracture dentaire, d’où l’intérêt d’un examen par un dentiste et parfois un ORL.
Symptômes courants
- Douleur unilatérale à la joue, aux molaires supérieures, augmentée en se penchant ou en mâchant.
- Nez bouché du même côté, écoulement épais parfois jaunâtre, diminution de l’odorat.
- Pression sous l’œil, sensibilité des dents du haut à la percussion, halitose.
- Sensation de liquide qui coule dans la gorge (goutte-à-goutte post-nasal).
- Fièvre modérée possible ; si la fièvre est élevée ou s’il existe un gonflement du visage, consulter sans tarder.
Comment distinguer la douleur dentaire “classique” d’un sinusite dentaire symptome ? Une pulpite réagit fortement au froid/chaud sur une dent précise, alors que la sinusite provoque une sensibilité plus diffuse sur plusieurs dents du haut, avec une gêne nasale associée. La douleur qui augmente en se penchant est un indice utile.
Exemple concret : vous avez mal à la molaire du haut gauche depuis 3 jours, la joue est lourde, le nez gauche coule épais et la douleur se réveille quand vous mâchez du côté gauche. Ce tableau évoque plus une sinusite dentaire qu’une carie isolée.
Causes de la sinusite dentaire

La cause la plus fréquente est l’infection d’une dent supérieure : carie profonde, granulome ou kyste péri-apical, ou encore maladie parodontale. Une dent dévitalisée anciennement peut aussi être en cause si le traitement de canal présente une fuite ou si un fragment a migré vers le sinus.
Après une extraction dentaire, une communication entre la bouche et le sinus peut persister et entretenir une inflammation. Les implants et les comblements de sinus (sinus lift) exposent à un risque si la membrane sinusienne est perforée. Plus rarement, un corps étranger (ciment endodontique) présent dans le sinus déclenche la réaction.
Facteurs de risque
- Mauvaise hygiène bucco-dentaire et soins dentaires irréguliers.
- Proximité anatomique des racines des molaires et prémolaires supérieures avec le sinus.
- Tabagisme, rhinite allergique, antécédents de rhinosinusites.
- Diabète mal équilibré ou immunodépression.
- Actes dentaires récents dans le secteur postérieur supérieur (extraction, implant, sinus lift).
Des études rapportent qu’environ 50 % des sinusites seraient d’origine dentaire dans certaines séries spécialisées. Cette proportion varie selon les populations, mais rappelle qu’une douleur de sinus peut cacher une cause odontogène. D’où l’intérêt d’évoquer un sinusite dentaire symptome lorsque les signes sont unilatéraux et associés à une dent suspecte.
Options de traitement pour la sinusite dentaire
Le principe est double : traiter la dent source et rétablir l’aération du sinus. Un diagnostic précis s’appuie sur l’examen dentaire, la percussion des dents, parfois une radiographie panoramique ou un cone beam (CBCT), et l’évaluation ORL si besoin. Sans prise en charge de la dent en cause, les symptômes récidivent.
Le dentiste intervient sur la lésion odontogène : reprise de traitement de canal, apicectomie, ou extraction si la dent est irrécupérable. Si une communication oro-antrale persiste, une fermeture chirurgicale peut être nécessaire pour empêcher le passage d’air et de salive vers le sinus.
Traitements médicaux
- Antibiothérapie si suspicion d’infection bactérienne : premier choix souvent amoxicilline–acide clavulanique. En cas d’allergie, alternatives selon avis médical. Durée usuelle 5 à 7 jours, ajustée par le clinicien.
- Irrigation saline du nez (spray ou rinçage) pour fluidifier les sécrétions et favoriser le drainage.
- Corticostéroïdes nasaux pour réduire l’inflammation de la muqueuse sinusienne.
- Antalgiques (paracétamol, ibuprofène si indiqué) pour soulager la douleur. Les sprays décongestionnants ne doivent pas dépasser 3 à 5 jours d’usage.
Si la sinusite persiste après traitement de la dent et mesures médicales, une chirurgie endoscopique du sinus peut être proposée par l’ORL pour restaurer un bon drainage. Les cas complexes post-implant ou avec corps étranger nécessitent parfois une extraction du matériau via une voie endoscopique.
Conseils pratiques
- Rinçages au sérum physiologique matin et soir, surtout si l’écoulement est épais.
- Hydratation suffisante, douche tiède ou inhalation de vapeur simple pour soulager la pression.
- Dormir la tête légèrement surélevée pour réduire la sensation de pesanteur.
- Éviter le tabac, qui irrite la muqueuse et retarde la guérison.
- Consulter sans tarder si œil douloureux, gonflement du visage, fièvre élevée, troubles visuels, ou si la douleur augmente malgré les soins.
Automédication à éviter pour les antibiotiques : un sinusite dentaire symptome nécessite une évaluation professionnelle afin d’identifier la dent en cause et adapter le traitement. Un suivi coordonné dentiste/ORL améliore clairement le taux de guérison.
Prévention de la sinusite dentaire
Réduire le risque passe d’abord par la santé bucco-dentaire. Des contrôles réguliers détectent les caries avant qu’elles n’atteignent la pulpe, limitant la progression vers une infection péri-apicale. Après des soins dans la zone postérieure supérieure, suivre les consignes post-opératoires et signaler toute gêne inhabituelle permet d’agir vite.
La prévention concerne aussi le nez : en période de rhume ou d’allergies, l’irrigation au sérum physiologique facilite l’évacuation des sécrétions et protège le sinus maxillaire. En cas d’allergie confirmée, un traitement de fond diminue les récidives de rhinosinusites qui peuvent entretenir l’inflammation locale.
Conseils pratiques
- Brossage soigneux 2 fois par jour, fil dentaire ou brossettes, et détartrage 1 à 2 fois/an.
- Consultation dentaire dès l’apparition d’une douleur dentaire ou d’une sensibilité à la mastication.
- Après extraction ou implant près du sinus, éviter de se moucher fort, éternuer bouche ouverte, suivre les soins prescrits.
- Gestion des allergies nasales et rinçages salins en période d’infections ORL.
- Arrêt du tabac et contrôle du diabète pour améliorer la cicatrisation.
Si vous notez un sinusite dentaire symptome unilatéral qui traîne et s’accompagne d’une gêne nasale, mieux vaut consulter rapidement : plus la dent causale est traitée tôt, plus le sinus récupère vite. Ce réflexe évite des semaines de douleur et de traitements inefficaces centrés uniquement sur le nez.