Vivre avec une artérite soulève des questions concrètes sur l’avenir, les risques et les moyens d’agir. L’espérance de vie varie selon le type d’artères touchées, l’étendue des lésions et les habitudes de vie. Avec un diagnostic précoce, un traitement adapté et des changements au quotidien, l’impact peut être fortement limité. Voici un guide clair et pratique pour comprendre l’espérance de vie avec une artérite et reprendre la main sur votre santé.
💡 À retenir
- L’artérite peut réduire l’espérance de vie de 5 à 10 ans selon les cas
- Statistiques sur la prévalence de l’artérite dans la population
- Importance de la détection précoce et des traitements adaptés
Qu’est-ce que l’artérite ?
Le terme artérite désigne un groupe de maladies qui touchent les artères, soit par inflammation de leur paroi, soit par rétrécissement lié aux plaques d’athérome. Le résultat est un flux sanguin diminué vers les organes ou les membres, avec des symptômes variables selon la localisation. Crampes au mollet à la marche, plaies qui cicatrisent mal, douleurs de la tête, troubles de la vision ou fatigue des bras peuvent en être des signaux d’alerte.
On distingue deux grandes familles. La première, très fréquente, correspond à l’atteinte athéroscléreuse des membres inférieurs, souvent appelée artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). La seconde regroupe les vascularites inflammatoires, comme l’artérite à cellules géantes (temporal) ou la maladie de Takayasu, plus rares mais potentiellement sévères si elles ne sont pas traitées rapidement.
Définition de l’artérite
L’artérite est une atteinte des artères entraînant un rétrécissement ou une obstruction partielle ou totale. Ce défaut d’apport en oxygène provoque des douleurs à l’effort, puis au repos dans les formes avancées, et expose à des complications locales ou générales. Le diagnostic repose sur les symptômes, l’examen clinique, des tests non invasifs (IPS, échographie Doppler) et parfois l’imagerie.
Types d’artérite
- AOMI des membres inférieurs: fréquente après 55 ans; touche environ 10 à 15 % des personnes de plus de 65 ans, souvent associée au tabac, au diabète et à l’hypercholestérolémie.
- Artérite à cellules géantes (temporal): inflammation des artères de gros calibre chez les plus de 50 ans; incidence d’environ 15 à 30 cas pour 100 000 personnes par an après 50 ans.
- Maladie de Takayasu: vascularite rare des gros troncs artériels, surtout chez la femme jeune; environ 1 à 2 par million d’habitants par an.
- Maladie de Buerger (thromboangéite oblitérante): liée quasi exclusivement au tabagisme; rare en Europe de l’Ouest, plus fréquente chez l’homme jeune fumeur.
Comment l’artérite affecte l’espérance de vie ?
L’artérite n’est pas qu’un problème local de jambes ou d’artères temporales. Elle signale souvent une maladie vasculaire diffuse. Dans l’AOMI, le risque de complications cardiovasculaires majeures est multiplié par 2 à 3, en particulier infarctus et AVC. Sans prise en charge, l’espérance de vie avec une artérite peut diminuer, car le cœur et le cerveau partagent les mêmes facteurs de risque et la même vulnérabilité artérielle.
Selon la sévérité et les comorbidités, l’artérite peut réduire l’espérance de vie de 5 à 10 ans. Cette fourchette n’est pas une fatalité. Un traitement intensif des facteurs de risque, l’activité physique adaptée, la prise d’antiagrégants et de statines, ainsi que la revascularisation quand elle est indiquée, réduisent le risque d’événements et améliorent l’espérance de vie avec une artérite. Dans les vascularites inflammatoires, l’instauration rapide de corticoïdes et, si besoin, de biothérapies limite les dégâts irréversibles, notamment la perte de vision dans l’artérite temporale.
Impact de l’artérite sur la santé
- Complications cardiovasculaires: infarctus, AVC, insuffisance cardiaque plus fréquents en présence d’AOMI.
- Ischémie critique des membres: douleurs au repos, plaies, risque d’amputation en cas de retard de prise en charge.
- Atteinte visuelle: baisse brutale de la vision dans l’artérite temporale si les corticoïdes ne sont pas débutés à temps.
- Douleur, fatigue, anxiété: retentissement sur la mobilité, le sommeil et le moral.
« Après des douleurs au mollet, Michel, 68 ans, a découvert une AOMI sévère. Arrêt du tabac, marche encadrée, statine et stent sur l’artère fémorale ont changé la donne. Sa distance de marche est passée de 200 à 800 mètres en six mois et sa tension est mieux contrôlée », raconte sa cardiologue. Un exemple typique d’amélioration fonctionnelle et de réduction du risque général.
Facteurs influençant l’espérance de vie avec une artérite

Plusieurs paramètres orientent le pronostic. L’âge, le type d’artérite, l’étendue des lésions, la présence de diabète, d’hypertension et de dyslipidémie, le tabagisme actif ou passé, ainsi que le délai avant traitement, pèsent dans la balance. Un patient jeune avec une vascularite rapidement contrôlée n’a pas le même horizon qu’une personne âgée présentant une AOMI avancée et un diabète mal équilibré.
Le niveau d’atteinte fonctionnelle compte aussi. Un index de pression anormal à la cheville, des douleurs au repos, des plaies chroniques ou une claudication très limitante signalent un risque accru. L’espérance de vie avec une artérite s’améliore lorsque les facteurs modifiables sont pris à bras-le-corps et que le suivi est structuré avec des objectifs chiffrés.
Rôle du traitement
Les traitements modifient réellement le cours de la maladie. L’arrêt du tabac réduit le risque d’amputation et d’événements cardiaques. Les statines abaissent le LDL et diminuent les événements majeurs de 20 à 30 %. Les antiagrégants plaquettaires réduisent le risque thrombotique. Les programmes de marche supervisée améliorent la distance de marche et la qualité de vie, parfois de façon spectaculaire en quelques mois.
Dans les vascularites, la corticothérapie débutée en urgence, puis ajustée avec des immunosuppresseurs ou des biothérapies lorsque nécessaire, limite les dommages irréversibles. Un contrôle inflammatoire rapide est associé à une meilleure récupération et à une baisse du risque de rechute. La revascularisation endovasculaire ou chirurgicale est proposée quand une artère est très rétrécie ou occluse et que les symptômes persistent malgré l’optimisation médicale.
- Gravité initiale: un IPS < 0,4 ou des douleurs au repos indiquent un risque élevé nécessitant une stratégie intensive.
- Inflammation: une CRP élevée dans l’artérite temporale impose un traitement rapide pour protéger la vision.
- Diabète: une HbA1c > 7 % est associée à des plaies et à un risque d’infection plus important.
Message clé: l’espérance de vie avec une artérite n’est pas fixée d’avance. Elle dépend fortement de la maîtrise des facteurs de risque, de la prise régulière des traitements et d’un suivi proactif en coordination avec le médecin traitant, le cardiologue, l’angiologue ou l’interniste.
Conseils pour vivre avec une artérite
Le quotidien compte autant que les prescriptions. Une routine d’activité physique, une alimentation cardioprotectrice, des soins des pieds rigoureux et l’observance des traitements forment une base solide. À cela s’ajoutent la gestion du stress, le sommeil et un accompagnement psychologique si besoin, pour maintenir la motivation dans la durée.
Objectif mouvement: visez au moins 30 minutes de marche à allure confortable, 5 jours sur 7, avec des pauses en cas de douleur. L’idée n’est pas de souffrir, mais de stimuler la microcirculation et la capacité d’effort. Exemple concret: 10 minutes d’échauffement, 3 cycles de 5 à 7 minutes de marche jusqu’à la gêne, suivis de 2 minutes de repos, puis 5 minutes de retour au calme.